En train de lire
P.R2B : presque punk, pleinement vivante

Nuit Jour

P.R2B : presque punk, pleinement vivante

Elle s’appelle Pauline Rambeau de Baralon, mais c’est sous le nom de scène P.R2B qu’elle s’invente un territoire à part dans la musique française. Avant la chanson, il y a le cinéma, la Fémis, l’œil avant la voix. Et pourtant, dès ses premiers titres, quelque chose d’éblouissant surgit : une manière de dire le monde en l’observant de biais, en le capturant comme un plan-séquence nerveux. Portrait d’une artiste qui transforme chaque morceau en petit film électrique.

Avec son premier EP Des rêves (2020), puis avec Rayons Gamma (2021), elle impose un style immédiatement reconnaissable : une pop synthétique et charnelle, traversée de fulgurances rap et d’élans techno. Une musique qui casse les lignes, qui refuse les cases, qui respire comme une ville la nuit. Depuis ses débuts, elle semble écrire avec les nerfs autant qu’avec la voix, sculptant des récits d’époque, des rêves fissurés par la modernité, des amours traversés par le doute, des colères sous la peau. Et toujours ce grain unique : une voix qui tremble et mord, qui raconte avant même de chanter.

Ce matin sort son nouvel album Presque Punk, et l’expression sonne comme un manifeste. P.R2B n’a jamais cherché la perfection lisse : elle préfère l’accroc, la faille, le dérapage contrôlé. Ici, tout est pensé comme un geste d’insoumission poétique. Les sons cognent, bourdonnent, frôlent le chaos sans y sombrer. Les machines se mélangent aux respirations humaines ; les beats sont lourds, les mélodies lumineuses. On y entend un refus du conformisme, une envie d’inventer d’autres rythmes pour vivre — ou survivre. Ce disque bat vite, bat fort. Il bat vrai. Les textes, eux, sont d’une précision rare : un mélange de lucidité sociale, de tendresse, de rage élégante. P.R2B parle de travail, de désir, d’avenir, de fatigue, de nocturnes intimes, de foules solitaires. Elle dit l’époque comme peu savent la dire : sans posture, sans désenchantement convenu, mais avec une forme de lucidité inquiète qui devient beauté. On sent chez elle cette manière de transformer les angoisses en énergie, les fractures en art. Sa musique ne console pas, elle secoue, elle réveille, elle rallume.

 

 

Et puis il y a la scène. Chez P.R2B, le concert n’est jamais un simple passage : c’est une zone de tension, de catharsis, de communion brute. Elle s’y jette comme on plonge dans une foule sans filet. L’annonce d’une nouvelle tournée laisse deviner qu’elle veut vivre Presque Punk non pas comme un objet, mais comme un choc collectif, un moment à faire vibrer ensemble.

Dans un paysage musical souvent lissé, calibré, algorithmique, P.R2B réintroduit le risque. Elle démontre que la pop française peut être frontale, politique, organique, tout en restant sensible et accessible. Elle ne cherche pas la séduction immédiate, mais la déflagration intime : cette émotion précise qui t’arrive d’un coup, sans prévenir.

Ça vient de sortir

Avec Presque Punk, P.R2B signe un album fiévreux, électrique, traversé d’ombres et d’éclats. Un disque qui confirme sa place à part dans la chanson française : celle d’une artiste qui regarde la vie droit dans les yeux, quitte à vaciller, mais sans jamais tricher. Elle y explore nos vertiges, nos révoltes intimes, nos beautés cabossées, avec une sincérité qui frappe au plexus. Presque Punk est une secousse, une nécessité, un souffle brûlant. Une preuve, une fois encore, que P.R2B fait partie de ces voix qui comptent — parce qu’elles ne mentent jamais.

 

Nouvel album Presque Punk maintenant disponible — P.R2B sera en tournée dans toute la France en 2026 et notamment à La Cigale de Paris le 17 mars 2026. Réservations en points de vente habituels.

© 2026 singulier magazine. Tous droits réservés.