Il y a des artistes qui ne chantent pas seulement, mais qui habitent chaque mot, chaque note, chaque silence. Barbara Pravi fait partie de ceux-là. Depuis son incandescence à l’Eurovision, la chanteuse franco-serbo-iranienne s’impose comme une figure unique de la chanson contemporaine : magnétique, viscérale, entière. Avec La Pieva, son deuxième album, elle ne signe pas seulement un retour au sommet de son art : elle revendique une histoire, une filiation, une générosité qui la rendent littéralement inclassable. Portrait d’une saltimbanque.
La Pieva n’est pas un simple nom, c’est une histoire, une lignée. En serbe, « la Pieva » signifie « la chanteuse ». Derrière ce mot se cache une histoire familiale bouleversante. Une ancêtre, Milovanovitch, tzigane errante en Bosnie et Serbie, traversait les villages en offrant sa voix aux habitants. Chaque soir, elle s’arrêtait pour chanter, et bientôt, on la surnomma « la Pieva ». Le patronyme familial de Barbara, Piévic, vient de là : « enfant de chanteuse ». Dans ce deuxième album, Barbara Pravi revendique cet héritage comme un credo : « Ce nom parle de lien, de partage, de vie, de générosité et d’amour de l’autre. » Impossible de mieux résumer ce qu’elle incarne aujourd’hui. La Pieva est ainsi à la fois un hommage et une renaissance, un retour aux racines et une projection vers l’avenir.
La générosité est sa force vitale. Barbara Pravi ne triche pas. Quand elle chante, il n’y a pas de filtre, pas de calcul, pas de rôle joué. Elle se donne corps et âme, vraie, pure, organique, puissante. Ses prestations sont des sacerdoces de partage brut, où l’énergie circule dans les deux sens. Elle parle avec aisance à son public, qui le lui rend bien en remplissant les salles de concert où elle joue. Une revanche pour celle qui a longtemps patienté dans des tiroirs poussiéreux de maisons de disque. Pourtant, elle a toujours eu la beauté des plus grandes, la puissance des mots, la force d’interprétation, reflets de ses racines ancestrales. Ce mélange façonne son identité. Là où d’autres se réfugient derrière la distance, elle choisit la proximité. Des titres comme « Maman », « Vivante », « Fantasme moi », « Antoine » ou l’incandescent « Exister » témoignent de sa dualité entre douceur et férocité. Si elle se demande encore « Qui j’étais », elle peut être fière de qui elle devient. Et pour ça « Bravo ».
Cette générosité se lit aussi dans chacun des titres de La Pieva : il ne s’agit pas de chansons refermées sur elles-mêmes, mais de mots vibrants, comme des mains tendues. Et toujours cette voix habitée, cette interprétation bouleversante, ce feu qui brûle, qui se consume, qui se transmet jusqu’au vertige. Sa voix ne cherche pas la perfection lisse. Elle tremble, se casse, explose. Et c’est précisément là qu’elle bouleverse. La Pieva catalyse cette intensité captée au plus près. On entend la respiration, les silences lourds de sens, les vibrations de cordes qui semblent prolonger les frissons de sa voix. Rarement un disque de chanson française a sonné aussi viscéral. Un grand disque incandescent et universel pour cette héritière, mais surtout une passeuse d’histoires. On la compare souvent à Dalida, Barbara, Anne Sylvestre ou Edith Piaf, mais la vérité est ailleurs : Barbara Pravi n’imite personne. Elle est héritière, certes, mais surtout passeuse : elle prend l’histoire des siens, la transforme en matière vivante et la livre à son public. Elle ne chante pas pour briller, mais pour relier. Comme Milovanovitch avant elle.
Définitivement avec La Pieva, Barbara Pravi érige un sanctuaire où les racines balkaniques se marient à la chanson française, où la poésie se mêle à la rage, où la fragilité devient une force. Et sur scène, cette alchimie atteint son paroxysme : un magnétisme rare, une intensité brute, une générosité désarmante. Barbara Pravi ne se contente pas d’être une artiste : elle est une incarnation magnétique qui rend la chanson incarnée à nouveau vitale.
Album La Pieva maintenant disponible — En tournée dans toute la France et au Zénith de Paris le 26 mars 2026. Réservations en points de vente habituels.
Bravo
Maman
Vivante
Qui j'étais
Fantasme moi
L'armure
Exister
La Pieve (Chez moi)
Si ce monde est fou
Les ruines
Antoine
