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« Christina » : la renaissance éclatante de Lilly Wood & The Prick

Nuit Jour

« Christina » : la renaissance éclatante de Lilly Wood & The Prick

Vingt ans après être entrés dans nos vies sans fracas, presque à pas feutrés, Lilly Wood & The Prick signe avec Christina bien davantage qu’un retour discographique. L’album agit comme une mise à nu tardive et nécessaire : celle d’un duo qui accepte enfin l’ensemble de son histoire — ses silences, ses vertiges, ses malentendus — pour en faire une matière artistique pleinement assumée. À l’heure des come-backs calculés et des nostalgies opportunistes, Lilly Wood & The Prick choisit une autre voie : celle de la quête intérieure, du recentrage, et d’une pop adulte qui ne cherche plus à séduire à tout prix. Un disque qui s’impose par sa fluidité et son souffle continu.

Depuis 2006, Nili Hadida et Benjamin Cotto avancent ensemble comme on traverse le temps : avec des élans, des doutes, et cette amitié fragile mais tenace qui tient lieu de boussole. Leurs débuts étaient marqués par une pop folk nuancée, presque timide, portée par une écriture directe et une voix déjà singulière. Puis est venu le séisme « Prayer in C », propulsé en phénomène mondial par Robin Schulz. Un succès aussi vertigineux qu’ambigu, qui a longtemps redéfini leur image malgré eux, éclipsant parfois la subtilité de leur démarche initiale.

Christina prend acte de cette histoire. L’album ne cherche ni à la corriger ni à l’effacer : il l’intègre. Musicalement, le disque assume un virage électro-pop franc, lumineux, parfois sombre, souvent tendu, où la guitare continue de dialoguer avec des boîtes à rythmes nerveuses et des synthés ciselés. La collaboration avec Myd agit ici comme un révélateur : il ne lisse pas le duo, il le met en tension. Christina avance par pulsations, par contrastes, alternant énergie électrique et mélancolie sourde, comme si chaque morceau cherchait à capturer un équilibre instable entre contrôle et lâcher-prise.

 

 

Ce qui frappe surtout, c’est l’évolution de la voix de Nili Hadida. Plus dépouillée, plus frontale, débarrassée de tout artifice superflu, elle semble enfin trouver son écrin naturel. Là où la jeunesse pousse parfois à surjouer, Christina choisit la retenue et la justesse. La voix ne cherche plus à incarner un personnage : elle est. Elle traverse l’album avec une assurance tranquille, acceptant sa gravité, ses obsessions — la mort, le temps, la beauté, l’effritement — sans jamais sombrer dans le pathos. Des titres comme « Blood Bath » ou « Swear » rappellent que la tristesse peut être une force, à condition de la regarder en face.

L’album est aussi traversé par une réflexion rare sur l’amitié et la durée. À un âge où l’on parle plus volontiers d’amour ou de rupture, Lilly Wood & The Prick ose interroger ce lien impalpable mais fondamental qui unit deux artistes depuis deux décennies. Christina devient alors un disque de fidélité : fidélité à une relation, à une exigence, à une manière lente et parfois douloureuse de faire de la musique. Le temps, ici, n’est pas un ennemi mais une matière première. Chaque chanson semble polie, retravaillée, éprouvée, jusqu’à trouver sa forme juste.

Cette renaissance discographique trouve naturellement son prolongement sur scène. La tournée qui s’ouvre au printemps 2026 — de Besançon au Trianon à Paris, en passant par de nombreuses villes françaises et européennes — s’annonce comme un moment clé. Car la scène reste ce lieu paradoxal où le trac frôle la nausée avant de se transformer en euphorie pure. Là où tout est violent et salvateur à la fois. Lilly Wood & The Prick y retrouve ce pour quoi il existe vraiment : le partage immédiat, l’émotion brute, l’instant suspendu.

Ça vient de sortir

 

En définitive, Christina n’est ni un album anniversaire ni une simple remise en circulation d’un nom connu. C’est un disque de repositionnement, presque de réconciliation avec soi-même. Un album qui affirme qu’il est possible, après vingt ans, de se redéfinir sans se renier, de regarder son passé sans nostalgie, et d’avancer sans masque. Lilly Wood & The Prick n’a jamais été aussi juste, aussi libre, aussi nécessaire. Christina en est la preuve : une pop mature, vibrante, humaine, qui préfère la vérité au spectaculaire — et qui, paradoxalement, en devient encore plus lumineuse. 2026 tient son premier grand cru discographique de l’année !

 

Nouvel album Christina maintenant disponible — Lilly Wood & The Prick sera en tournée dans toute la France dès le mois de mars 2026, notamment le 1er avril 2026 à La Cigale de Paris (COMPLET) et les 27 & 28 novembre 2026 au Trianon de Paris. Réservations en points de vente habituels.
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Swear

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Christina

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Blood Bath

All Night

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Zero Fucks

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