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	<title>Archives des Ariane Moffatt - singulier magazine</title>
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	<title>Archives des Ariane Moffatt - singulier magazine</title>
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		<title>Entre rires et larmes, Ariane Moffatt excelle dans « Airs de Jeux »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Piraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 08:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Album]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Ariane Moffatt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ariane Moffatt est une artiste rare dans le paysage francophone : créative, audacieuse et profondément cohérente, elle continue de produire une pop hybride, émotionnelle et intelligente. Son nouvel album Airs de Jeux en est la preuve éclatante : une œuvre à la fois bouleversante et bienfaisante, traversée par le mouvement et la mélancolie, et qui&#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://www.singuliermagazine.fr/critique/entre-rires-et-larmes-ariane-moffatt-excelle-dans-airs-de-jeux/">Entre rires et larmes, Ariane Moffatt excelle dans « Airs de Jeux »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.singuliermagazine.fr">singulier magazine</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Ariane Moffatt est une artiste rare dans le paysage francophone : créative, audacieuse et profondément cohérente, elle continue de produire une pop hybride, émotionnelle et intelligente. Son nouvel album <em>Airs de Jeux</em> en est la preuve éclatante : une œuvre à la fois bouleversante et bienfaisante, traversée par le mouvement et la mélancolie, et qui dit beaucoup de ce que c’est, aujourd’hui, qu’être une artiste canadienne francophone dans un monde saturé. Portrait d&rsquo;une artiste qui s&rsquo;amuse.</p></blockquote>
<p>Ariane Moffatt est une pionnière de la pop hybride depuis plus de vingt ans. Elle explore sans se répéter. De <em>Aquanaute</em> (2002) à <em>Tous les sens</em> (2008), en passant par <em>MA</em> (2012), <em>22h22</em> (2015) ou <em>Petites mains précieuses</em> (2018), elle a bâti une œuvre sans ligne droite, où pop, électro, jazz et chanson se croisent comme les flux d’une conscience moderne. Sa marque : des arrangements inventifs, des textes introspectifs, et une façon unique d’associer la sophistication à l’émotion brute.</p>
<p>Son public canadien lui reste fidèle, reconnaissant cette liberté totale qu’elle revendique. Mais la France, qui l’avait accueillie avec enthousiasme au début des années 2000, semble l’avoir peu à peu reléguée à la marge. Les raisons ? Elles tiennent autant à la logique des algorithmes qu’à celle des marchés. Les radios françaises privilégient désormais les artistes locaux, le streaming homogénéise les goûts, et la viralité numérique favorise la proximité géographique. Résultat : les voix venues du Québec se font plus discrètes, malgré leur inventivité. Malgré tout, Ariane Moffatt, elle, n’a jamais cessé de tracer son sillon — loin du bruit.</p>
<p>Sorti sans prévenir, un dimanche soir, <em>Airs de jeux</em> a pris tout le monde à contre-pied. Pas d’annonce, pas de teasing. Un geste libre, presque militant, dans une industrie qui synchronise tout à la minute près. Et derrière cette surprise, un disque d’une cohérence rare. Composé dans son <em>MOM Studio</em>, — clin d’œil parfait pour celle qui capte les ondes du monde à sa manière —, <em>Airs de jeux</em> est un album total. Douze titres qui se suivent comme les chapitres d’une traversée : du Prologue à l’Épilogue, Ariane Moffatt explore les zones où le corps et le cœur vacillent.</p>
<p>La production, signée avec ses complices Jean-Phi Goncalves, Alex McMahon et Guillaume Guilbault, marie beats souples, textures électroniques et émotions pures. Ce n’est pas un disque de pop : c’est une expérience sensorielle. On y pleure et on y danse, souvent en même temps. Un album cathartique qui explore toutes les émotions, mais sans être plombant. À travers ce disque, Ariane Moffatt invente presque un nouveau verbe : “<em>pleurire</em>”. Rire en pleurant, danser en pensant. C’est là tout le secret d’Ariane : transformer la douleur en pulsation.</p>
<p>Chaque morceau devient une étape dans un récit émotionnel : la perte dans « Douleur fantôme », la recherche de soi dans « Vivante », la crise d’anxiété dans « L’amour, le danger », ou la lumière retrouvée dans « Petites joies ». Le tout culmine avec Épilogue, comme une prière laïque. On pense à Kate Bush, à Björk, à Feist et à toutes ces artistes qui ne jouent jamais tout à fait la pop, mais la transforment en langage intime. Ariane Moffatt, elle, garde toujours le sourire derrière la gravité. Ce qu’elle chante, c’est la possibilité de se relever.</p>
<p>Si <em>Airs de Jeux</em> est une réussite totale, sa réception française reste discrète. La France, aujourd’hui, semble hermétique aux voix étrangères. L’exotisme québécois n’est plus un argument : il est devenu un handicap. Et pourtant, <em>Airs de Jeux</em> est l’un des disques les plus universels de la scène francophone actuelle. Parce qu’il parle du doute, de la solitude, de la joie d’exister malgré tout. Parce qu’il refuse la posture. Parce qu’il ose, encore, la nuance. En ce sens, Ariane Moffatt incarne une forme de résistance : celle d’une artiste qui continue de jouer, même quand le jeu semble perdu d’avance.</p>
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<p><iframe title="deezer-widget" src="https://widget.deezer.com/widget/light/album/713319441" width="100%" height="300" frameborder="0"></iframe></p>
<blockquote><p>Avec <em>Airs de Jeux</em>, Ariane Moffatt réinvente sa propre grammaire : à la fois organique et électronique, intime et collective. Elle réussit ce que peu de musiciennes osent encore tenter : être à la fois la compositrice, la productrice et la narratrice d’un univers entier. Dire tout ce qu&rsquo;elle pense et ressens vraiment, être la même en dehors que celle qu&rsquo;elle est en dedans, c’est exactement ce qu’elle fait dans ce disque : se montrer tout entière, arborescente, transparente, enracinée. Et de rappeler, à qui veut bien écouter, que jouer — au sens le plus vital du mot — reste le plus sûr moyen de tenir debout.</p></blockquote>
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